Les dates, un problème ?

La calculette est une belle découverte ! Les dates, c'est, souvent, un des nombreux problèmes soulevés par la généalogie et le besoin de connaître celle de naissance, de mariage, de décès et des nombreux événements jalonnant la vie d'un individu. Si l'on peut admettre que notre siècle et le précédent ont vu une stabilité dans le calcul de ces dernières, tant du point de vue du calendrier que de celui du calcul et des facilités de ce dernier, il n'en a pas toujours été à toutes les époques de la même manière.
Du calendrier Julien au calendrier Grégorien, pour notre civilisation, en passant par les tentatives révolutionnaires et les nostalgiques napoléoniens, les dates ne manquent pas de différences.
Cependant tous ces calculs font références à des points précis et peuvent, relativement et facilement, être transformés en jour, mois et année parfaitement compréhensibles par le commun de nos mortels contemporains. Ce sont ces dates que tout généalogistes soucieux de précision, répercutera dans ses recherches.

Il en va parfois fort différemment de nos braves officiers d'état-civil, curés, prêtres et autres officiants à l'occasion de ces moments de la vie que sont les baptêmes, les mariages, les sépultures, voire dans des années un peu plus proches de nous, pour des naissances, des mariages, des décès. Ainsi lorsque l'officiant annonce un âge, une année, prenons garde !
J'ai pour habitude de me méfier de tout âge arrondi à la dizaine : "Jean MARTIN, âgé de 50 ans, décédé le 10 avril 1782". À priori, ce brave homme est né en 1732 ... méfiance, son année de naissance peut varier allègrement de 1720 à 1750 quand ce n'est pas dû à une erreur de calcul beaucoup plus grave, comme dans l'illustration de cet article !

De nos jours, tout acte fait référence à une pièce prouvant un âge, une année de naissance, de mariage, de décès etc. Par le passé, on faisait souvent confiance à l'entourage, à la bonne ou mauvaise mine du considéré, et tout allait bien ... jusqu'à ce qu'un généalogiste, deux ou trois cents ans plus tard, vienne semer le doute.
Ne nous y trompons donc pas, et recoupons toujours nos informations avant de confirmer une date qui doit avant tout être qualifiée de "environ" ou "autour de" tant qu'elle n'est pas complète, permettant au quidam de se faire une idée sans toutefois mettre de côté une recherche inévitable.
Cette date ou estimation de date permettra ainsi de mieux situer la personne, facilitant son placement sur une trame temporelle, en évitant de la confondre avec une autre née cent ans plus tôt ou plus tard. Quelle déception en effet de lire des généalogies pour lesquelles on trouve une dizaine de Jean MARTIN, sans aucune précision temporelle ; de l'an 400 à l'an 2000 nous avons de la marge !

J'aime beaucoup rencontrer au fil des pages de vieux registres ces calculs faits sur un coin de feuille, étonnants par leurs nombreuses erreurs, mais qui prouvent encore aux nombreux généalogistes et chercheurs qu'en tous temps l'erreur demeure humaine et doit être comprise comme telle, assimilée, analysée, et correctement interprétée dans son environnement.

Ainsi, pour arriver à mieux cerner, dans une liste, un rapport ou un arbre généalogique un ancêtre, il est souhaitable de pouvoir le resituer dans ce contexte temporel. Pierre MARTIN né en 1870, comme nous l'avons vu, n'est pas le même que celui né autour de 1754 ... cela paraît tellement logique que je me demande pourquoi ce n'est pas automatique chez tous les généalogistes !
Il est évident que lorsque l'on se trouve devant un acte de mariage précisant les parents de la mariée comme étant "Guillaume MARTIN et Jeanne DULAC", on ne possède guère de données, pourtant ...

Si la lecture de l'acte ne permet pas de reporter des dates, son analyse déterminera à coup sûr des fourchettes, des approximations qui nous aideront par la suite dans nos différentes prospections.
Donc, si dans l'exemple ci-dessus la date de naissance de la mariée est précisée, on pourra dire que les parents sont nés avant cette date de naissance moins x années. Personnellement j'ai opté pour moins 18 ans dans le cas du père, et moins 17 ans dans le cas de la mère (-20 ans pour les deux est aussi raisonnable et facilite les calculs ...) ; on se réservera bien entendu toujours la possibilité, dans le cas de recherches infructueuses sur ces bases, de jeter un œil 3 ou 4 ans avant ces dates.
Cette méthode me permet ainsi de situer, certes souvent très approximativement, tous mes ancêtres dans une chronologie respectueuse des dates de naissance, de mariage, de décès. Un mariage a lieu avant la naissance du premier enfant, cela est vrai la plupart du temps, et l'intérêt est de situer rapidement le dit mariage ; si on ne le trouve pas, on se réfèrera aux exceptions confirmant la règle : l'enfant est né avant le mariage. Mais là encore, dans la grande majorité des cas la naissance de l'enfant et le mariage ne sont pas loin l'un de l'autre ; pour les exceptions, il y en a, il faudra continuer à chercher le mariage plus tard que la naissance ...

Ainsi, pour chaque individu que j'étudie, il y a au moins, pour sa naissance, une référence à une date, souvent, par exemple, de la forme "né < 1670" (né avant 1670).
Les inconvénients de la méthode sont :
Dater les évènements en les estimant en fonction des données présentes sur un acte est un réflexe à posséder impérativement. "Marie FARNIER, mariée le 12 février 1874, fille de feu Jacques ..." doit nous amener à noter que Jacques FARNIER est décédé avant le 12 février 1874.
Cette mécanique, une fois acquise, aidera à résoudre un grand nombre de difficultés en optimisant des temps de recherche sur de longues périodes.

Sur ce, à vos calculettes ...