On peut lire, de tous bords, « La généalogie c’est simple, accessible, à la portée de tous » : allez sur Geneanet, Ancestry etc ... interrogez vos parents, fréquentez les forums, commandez des documents aux archives, consultez celles en ligne. Mais nulle part on voit le but de la mission. Alors oui, la généalogie c’est compliqué parce qu’on ne sait pas où aller, mais c’est simple aussi parce qu’on peut faire tout ce qu’on veut, comme cité plus haut, et créer un passe-temps aussi chronophage qu’inutile aux yeux du reste de la famille.
C’est ainsi que l’on voit apparaître la fameuse réflexion du généalogiste avancé (pas forcément en âge d’ailleurs) : « Un arbre ce n’est jamais fini ». Quand le but n’est pas fixé, c’est évident, un arbre n’est jamais fini puisqu’on ne sait même pas de quoi il doit être fait ! Personnellement, je n’ai pas fini mon arbre puisque ce dernier doit me prouver qu’Adam et Ève sont mes ancêtres ; à moins qu’au delà je découvre qu’en fait mes ancêtres sont un couple d’amibes ! Le but n’étant donc jamais fixé, la généalogie devient facile et sa retransmission en prend un coup parce que particulièrement difficile à établir.
Combien il est lassant de voir des pages de noms empilés les uns derrière les autres et représentant sur des siècles les vies de milliers de personnes à peine évoquées !
Donc, s’il est facile de retrouver deux ou trois générations cela va être plus compliqué au fur et à mesure de la remontée temporelle aussi bien que dans le domaine des aspects de la vie quotidienne de nos aïeux par exemple. Cette progression nécessite l’intervention de nouvelles connaissances, de techniques de recherches, de sciences parallèles à la généalogie supposant des apprentissages supplémentaires. Exemple le plus frappant : la paléographie, bloquant la plupart des chercheurs face à des formations de lettres différentes de nos contemporaines ; la difficulté est bien présente, infranchissable sans aide externe, sans apprentissage.
Il me semble donc que pour qualifier la généalogie, il faut avant tout, un peu comme à l’école, connaître les objectifs et les consignes, et se donner les moyens d’évaluation, hors ça, on pourra dire et écrire un peu n’importe quoi et faire passer les vessies pour des lanternes ; lanternes à l’unique goût financier parfois un peu trop prononcé.
Si la moitié des français pratique ou a pratiqué la généalogie c’est certainement parce qu’on l’a présentée comme une activité simple. Reste à savoir, pour ceux qui poursuivent, quelle définition de la généalogie appliquent-ils et quel est leur parcours de formation ?