Né le dimanche 18 novembre 1898 à Rodilhan, il est le fils d’Henri, cultivateur et employé au chemin de fer, ouvrier zingueur, et de Marie Thérèse ROCHE, deux familles venues de l’Hérault et du Gard rhodanien. Avant son départ au front, Édouard Jean est cultivateur à Rodilhan. Le père d’Albert Léopold Jean PIOCH Mort Pour la France dont le nom est également porté sur le monument de Rodilhan, est le frère d’Édouard Jean.
Exempté en 1910 pour faiblesse extrême et définitive, Édouard Jean est un jeune homme qui mesure un mètre et cinquante-sept centimètres, aux cheveux et sourcils blonds, aux yeux châtains clairs, avec un front couvert et un nez effilé, une bouche moyenne, un menton rond et un visage ovale.
Le 24 décembre 1914, le conseil de révision du Gard le classe dans le service armé et l’affecte au 22ème Régiment d’Infanterie où il arrivera le 19 février 1915. Il passera au 159ème Régiment d’Infanterie le 26 mai 1915, 5ème compagnie. On pense que son décès est antérieur au 14 novembre 1915, il est inhumé par le groupe des brancardiers de la 77ème Division au cimetière de Carency Ouest.
Le Tribunal de Nîmes, par jugement du 30 mai 1918, fixera son décès au 25 septembre 1915, transcrit sur les registres de Bouillargues le 14 juin 1918.
Édouard Jean PIOCH a reçu la Médaille Militaire à titre posthume.
Extrait du Journal des Marches et des Opérations :
Conformément à l’ordre d’attaque (annexé au dossier), le Régiment a pour mission d’enlever l’îlot sud de Souchez, de progresser à l’intérieur du village vers le nord jusqu’au ruisseau et de s’emparer des tranchées de Cologne et Poisot. La zone d’action est limitée, à gauche par le ruisseau de Carency, à droite par la route du cimetière au point O. Le 159ème doit se couvrir à gauche dans la direction de Carieul, du Bois à l’est et de l’îlot nord de Souchez et assurer la liaison à droite avec le 97ème en couvrant la gauche de ce régiment.
La répartition des troupes et leur placement pour le débouché sont ceux indiqués par l’ordre d’attaque.
Les dispositions des trois bataillons chargés de l’attaque sont les suivantes :
L’attaque à gauche (Bataillon Bettembourg) doit être menée par 3 vagues successives. La 3ème compagnie forme la 1ère vague ; elle doit être immédiatement suivie par la 2ème compagnie, celle-ci par la 1ère. La 4ème compagnie chargée de la mission générale de flanc garder la gauche du Régiment devrait primitivement opérer par le feu une démonstration violente sur le parc et le château de Carieul. Cette démonstration devenant sans objet en raison de l’évacuation par les allemands du château de Carieul dans la nuit du 24 au 25, la 4ème compagnie remplira la mission de flanc garde en enlevant la partie de boyau Hindenbourg qui fait face au nord.
L’attaque à droite (Bataillon Autiè) doit être menée en 1ère ligne par la 5ème compagnie et un peloton de la 8ème compagnie à sa droite suivie par la 6ème puis par la 7ème compagnie. Le 2ème peloton de la 8ème compagnie doit assurer la liaison constante avec le 97ème RI à hauteur de la 1ère ligne.
Le bataillon de 2ème ligne (Bataillon de Bizemont) a ses 13ème et 14ème compagnies en réserve de Régiment dans la parallèle Varoquier avec ordre d’aller ocuuper le 1ère ligne dès qu’elle serait libre ; la 15ème compagnie occupe la tranchée de la Ruelle et le boyau de la Bavière entre cette tranchée et la parallèle Stirn. Elle a mission d’enlever Y’ en progressant par la rive sud du Carency, de l’occuper une heure puis de flanc garder vers le nord la gauche du Régiment en enlevant l’îlot est de Souchez. La 16ème compagnie dans la parallèle Stirn doit dès le débouché de la 15ème compagnie gagner la tranchée de la Ruelle puis d’appuyer le mouvement de la 15ème compagnie.
Exécution de l’attaque :
1- Bataillon de gauche - attaque de front : à 12h25 la 3ème compagnie et le premier peloton de la 4ème compagnie franchissent le parapet de la tranchée Gloxin et s’élancent à l’assaut des lignes allemandes. La 3ème compagnie est reçue par des feux nourris d’infanterie partant des tranchées Y et A’ et des feux de mitrailleuses parant du boyau de Bavière qui la prennent de front et d’écharpe. Quand les sections de cette compagnie arrivent à hauteur de la partie du boyau de Bavière occupée par l’ennemi elles sont arrêtées par le jet brusque de nombreuses grenades qui achèvent de disloquer l’attaque. Le commandant de compagnie et deux lieutenants sont blessés ou tués ; quelques hommes arrivent sur le parapet de Y où ils se font héroïquement tuer. Au sud du boyau de Bavière le dernier officier de la compagnie parvenu avec les débris de sa section jusqu’aux réseaux allemands de A’ est arrêté dans un entonnoir d’obus où il se maintiendra jusqu’à la nuit échangeant des coups de feu avec la garnison du boyau de Bavière.
La 2ème vague (2ème compagnie) en face de Y est reçue aussi sévèrement que la 3ème compagnie et subit des pertes sérieuses.
La préparation d’artillerie faite sur les trnachées Y et A’ uniquement par les batteries de campagne a été insuffisante pour détruire les abris très enterrés de l’ennemi, pour entamer le moral de la garnison et ses ouvrages.
Action de la flanc garde de gauche. Sur la gauche du bataillon, la 4ème compagnie qui s’est lancée vaillamment à l’assaut du boyau d’Hindenbourg organisé par l’ennemi en tranchée de tir, l’enlève dans la partie qui lui a été fixée comme objectif, malgré le tir de deux mitrailleuses qui gênent sensiblement sa progression sous bois. Un mitrailleur allemand qui continue à actionner la pièce jusqu’à la dernière minute est tué sur sa pièce, qui est prise. La 4ème compagnie s’installe dans le boyau d’Hindenbourg face au nord et prend sous les feu les éléments allemands qui tiennent le boyau de l’Église. Sous sa protection la 15ème compagnie qui a débouché derrière la 4ème enlève la partie sud du boyau Hindenbourg.
A la tombée de la nuit 2 sections de la 2ème compagnie viennent renforcer la 4ème compagnie dans la tranchée conquise qui est solidement organisée.
Bataillon de droite : à 12h25 la 5ème compagnie et 2 sections de la 8ème compagnie se portent à l’assaut de A’, du saillant 33 et de la tranchée Ruprecht. Elles sont accueillies dès le débouché par un violent barrage d’artillerie et par un feu extrêmement vif de mitrailleuses qui les obligent à se terrer devant les réseaux allemands. Quelques éléments qui réussissent à pousser jusqu’au parapet des ouvrages allemands s’y font anéantir. Les sections qui ont subi de lourdes pertes rentrent à la nuit dans nos lignes.
Les pertes de l’adversaire ne peuvent être évaluées. Une mitrailleuse et une certaine quantité de matériel (fusils, grenades, fusées etc.) restent entre nos mains.