Né le 9 novembre 1889 à Laveyrune, en Ardèche, il est le fils de Jean Baptiste et de Marie Rosalie CHALBOS. Signalé cultivateur sur la liste électorale, il est issu d’une famille de neuf enfants, venue s’installer à Rodilhan entre 1894 et 1896, en provenance des limites de l’Ardèche et de la Lozère : Laveyrune, Saint-Laurent-les-Bains, Luc. Son frère Marius évitera le conflit de 1914-1918, il passe dans la réserve de l’armée territoriale en octobre 1918, âgé de 41 ans. Son autre frère Clément participera également la guerre, et décédera à Nîmes en 1918. Le plus jeune frère de la famille, Jules Henri, de la classe 1914, sera blessé plusieurs fois pendant le conflit, et se retirera à Nîmes en 1919.
Lors de son incorporation au 3ème Régiment d’Infanterie, le 3 octobre 1910, il mesure un mètre et soixante-onze centimètres, Ernest a les cheveux, les sourcils et les yeux châtains, un front bas et un gros nez, une bouche moyenne et un menton rond, son visage est ovale.
Il passera dans la réserve de l’armée active le 1er octobre 1912 en ayant obtenu son certificat de bonne conduite. Rappelé à l’activité par le décret de mobilisation du 2 août 1914, il arrivera au corps le 4 août et sera déclaré disparu devant Malancourt, dans la Meuse, le 25 novembre 1914. La Croix-Rouge de Genève le signalera comme étant décédé le 20 octobre 1918, des suites d’une pneumonie, au camp de prisonniers de Quedlinburg en Allemagne ; il a sa sépulture à Sarrebourg, nécropole nationale des Prisonniers de Guerre 1914-1918, tombe individuelle n°5510.
Extrait du Journal des Marches et des Opérations :
24 novembre
Les lieutenants RABANIT et FABREGOUL sont faits prisonniers ainsi que 4 soldats (tous de la 21ème compagnie). Voir rapport à ce sujet.
1 soldat tué par balle.
25 novembre
RAS
Extrait du Tuyau, journal des prisonniers du camp de Quedlinburg, numéro 13 pages 5 et 6 ( 7 octobre 1915)
Notes sur l’hopital
Ce n’est pas à la suite d’une visite de délégation, que nous imprimons ce tuyau. Non, c’est plus simplement un petit bobo de trois semaines qui m’a permis d’étudier sur place le fonctionnement de l’hôpital pour le communiquer à nos lecteurs encore non initiés. En premier lieu félicitons M le Médecin-chef pour le choix de ses infirmiers, camarades charmants, ne ménageant ni leur temps ni leur dévouement, quoi que la besogne soit souvent fort peu attrayante.
A votre arrivée, l’ami Schmidt faisant fonction de secrétaire vous pose un interrogatoire d’état-civil avec une autorité qu’envierait certain juge de ma connaissance, et tout ceci destiné à renseigner exactement les familles de ceux, hélas, beaucoup trop nombreux qui ne ressortent pas.
Donc Schmidt affecte selon les cas, les contagieux à la Baraque I, les malades internes et fiévreux à la II et les blessés à la III, baraques dont se compose l’hôpital. les visites ont lieu trois fois par jour, une le matin et une le soir par le Médecin auxiliaire, vers midi M le Médecin-chef vient lui-même visiter ses malades. A chaque visite la Major examine, après le malade lui-même, son dossier consistant en un tableau accroché à la tête du lit, sur lequel sont notés au jour le jour les médicaments ordonnés. Ceux-ci sont distribués ensuite par l’infirmier. A cette occasion une mention à notre ami Relaut, habile infirmier autant que servant pédagogue, et qui applique ses pansements avec une incomparable maestria. En ce qui concerne la nourriture, les malades du régime I reçoivent en somme l’ordinaire du camp, préparé seulement avec plus de soin. Les malades du régime II ont droit à une soupe liquide à midi et le soir à l’ordinaire. Quant aux malades du régime III, leur diète les astreint à ne recevoir par jour que 3/4 de lait et un petit pain. Dans certains cas ils reçoivent une purée à midi. Chaque salle contient environ 50 lits dont un nombre assez sensible est inoccupé grâce à l’état sanitaire qui continue à se montrer satisfaisant. Notons pour mémoire qu’il existe à la suite du 8e Camp des baraques destinées à recevoir des malades en temps d’épidémies par trop sérieuses.
L’hôpital dispose à l’instar de toutes les compagnies d’un lavoir et en outre de trois salles de bain.
Grâce à la générosité de certaines sociétés de secours françaises divers jeux de cartes, dominos, dames etc. sont à la disposition des malades. Citons particulièrement les jeux de « croquet » qui sont très courus par les convalescents. M le Médecin-chef a en outre obtenu que le Groupe Musical du 1er Camp vienne distraire les malades une fois par semaine, ce qui leur procure une douce diversion. Ajoutez pour terminer, que l’hôpital avec ses plates-bandes de verdure et de fleurs et son voisinage immédiat, exempt des sombres baraques qui forment notre horizon depuis un an, peut remplacer avec un peu d’imagination une cure dans un Mont-Doré quelconque. Cependant nous souhaitons à nos camarades de ne pas y faire d’expérience personnelle et s’en tenir à ces renseignements.
H. Jacob
Noms dans la généalogie :
BLANCHON,
BOYER,
CHALBOS,
GALTIER,
GILLES,
MAURIN,
MONTI,
MONTIS,
OZIOL,
PONTIER,
POUDEVIGNE,
ROUX,
TEISSIER,
Mort pour la France à 28 ans, Ernest Julien Léon MAURIN est mentionné sur le monument aux morts de Rodilhan.