Né le 22 septembre 1888 à Nîmes, il est le fils de Louis Toussaint, un propriétaire de Courbessac et de Sophie Marie MONTAGNÉ. Il n’est pas mentionné sur la liste électorale de 1914, n’est pas compris dans les recensements communaux de cette époque, mais est signalé travailleur, en 1912, chez M. Auguste ROUX, propriétaire à Rodilhan, et avait travaillé quatre ans plus tôt à Sernhac. Il n’aura fait qu’un court séjour à Rodilhan où il a résidé pour la dernière fois avant de partir pour le front. La famille est suivie à Courbessac jusqu’avant la moitié du XVIIIème siècle.
Lors de son incorporation au 44ème Régiment d’Infanterie, le 3 octobre 1910, il mesure un mètre et cinquante-cinq centimètres, Alfred a les cheveux et les sourcils châtains, les yeux noirs et le front découvert, un nez aquilin et une petite bouche, un menton rond et un visage ovale. Alfred sait lire et écrire.
Alfred sera envoyé dans la disponibilité de l’armée active, avec un certificat de bonne conduite, le 27 septembre 1912. Rappelé sous les drapeaux, il arrivera au corps le 2 août 1914. Il est d’abord porté disparu, présumé prisonnier, entre le 25 et le 30 septembre 1915, à Suippes. Son décès sera fixé au 30 septembre 1915. Entre le 25 et le 29 septembre, le 30 étant un jour de repos pour tous les hommes, on comptera parmi les officiers 20 blessés, 20 tués et un disparu, parmi les sous-officiers, caporaux et soldats, 284 tués, 659 blessés et 313 disparus.
Extrait du Journal des Marches et des Opérations :
Alfred est porté disparu sur la liste du journal entre le 25 et le 29 septembre.
Pour la journée du 29, l’ordre général d’opération fixe la mission de la 27e brigade :
La 27e brigade pratiquera coûte que coûte des brèches dans le réseau de fil de fer vis à vis de son front, franchira la tranchée et poussera au delà sur son objectif, appuyée par le 401e régiment.
Tous les efforts doivent être dirigés par cette pensée de l’importance primordiale qu’il y a d’atteindre les objectifs plusieurs fois indiqués sur les hauteurs sud de Ste Marie à Py au delà de la tranchée du bois Chevron et de la tranchée des tantes.
Le colonel commandant la brigade donne cet ordre :
I- En exécution des ordres ci-dessus et des instructions du général commandant la division, les canons de 58, sous les ordres du capitaine FÉLINE seront mis en batterie dès qu’ils seront arrivés. Sur les emplacements choisis par le commandant de la batterie, ils commenceront le feu aussitôt et ouvriront la brèche dans les réseaux de fil de fer.
A ce moment le commandant de l’artillerie fera ouvrir, de son côté, le feu à toutes les batteries dont il dispose sur la tranchée de Chevron.
L’attaque aura lieu au petit jour par la brèche ainsi effectuée, elle se formera par vagues successives ; les premiers éléments déborderont la tranchée à droite et à gauche et engageront la lutte à coups de grenades pour favoriser le passage des vagues suivantes.
Si cette attaque hardiment menée est couronnée de succès, toutes les forces disponibles de la brigade feront irruption par la brèche pour prendre pied sur la position assignée à la brigade (cotes 171 et 157).
Le bataillon du 401, en soutien dans la tranchée (commandant RÉGNIER) est à cet effet, mis à la disposition du lieutenant-colonel MITTELHAUSER qui conviendra d’un signal pour le porter en avant.
Le lieutenant-colonel commandant le 60e donne cet ordre :
L’ordre d’opération ci-dessus prescrit de faire brèche coûte que coûte et d’exploiter la brèche par une attaque à fond.
La batterie de 58 qui vient d’arriver, règlera au petit jour et cherchera, le plus tôt possible, à faire brèche de part et d’autre du saillant de la tranchée du bois Chevron.
Les groupements KAH et DUFFET couvriront la mise en batterie des canons de 58 et surveilleront les résultats du tir de bombardement.
L’artillerie de 75 cherchera également à faire une brèche de chaque côté du saillant.
Dès que ces brèches auront été obtenues, les éléments du 44e et du 60e seront renforcés par le bataillon du 401e prêt à l’attaque et l’assaut sera préparé.
Les retranchements à travers les bois des mitrailleuses au sud du saillant seront poursuivis de manière à constituer des places d’armes échelonnées où seront poussés les éléments du bataillon du 401e.
Le dispositif d’attaque sera précisé dès que les brèches seront faites.
Les résultats du tir d’artillerie seront constamment surveillés par les éléments de 1ère ligne ; un compte-rendu en sera fait, toutes les heures au lieutenant-colonel commandant le 60e.»
A 21h30, 2 emplacements de canons de 58 sont établis par le régiment ; mais les canons de 58, retardés par le mauvais état du sol détrempé sous la pluie n’arrivent qu’au matin et ne peuvent se mettre en batterie qu’au jour. L’attaque est retardée. La préparation par le canon de 58 a lieu faiblement, de 9h20 à 11h20 (20 torpilles) aucune brèche n’est créée dans le réseau ennemi.
Le bataillon Médina attaque à 13h30 et se heurte aux réseaux intacts. Toute avance est impossible. Les unités restent sur le terrain précédemment conquis.
Le capitaine VIGNAUD, détaché à l’état-major de la brigade, prend vers 1h le commandement du régiment.
A 18h le 44e est relevé par un bataillon du 401e et reçoit l’ordre de bivouaquer dans les bois au sud-est de la cote 139.
Le 2e bataillon reste sur ses positions et subit un bombardement continuel. Il est relevé à 22h par le 117e et rejoint le lendemain le régiment à la cote 139.
Noms dans la généalogie :
BOSC,
BRESSAC,
BROUSSE,
CAUSSIGNAC,
COUTELLIER,
DUFOUR,
FLAVIER,
JULIAN,
MAUGER,
MONTAGNÉ,
PÉLATAN,
SAUNIER,
VERDELHAN,
VIVENS,
Mort pour la France à 27 ans, Alfred Joseph Césaire est mentionné sur le monument aux morts de Rodilhan.