Thomas de COUCY

Thomas de COUCY, seigneur de Coucy, de Marle, de la Fere et de Boves, comte d'Amiens, fils d'Enguerran, seigneur de Boves et d'Ade de ROUCY, dame de Marle, fut également connu sous le surnom de Marle en tant qu'héritier de sa mère. Ses exploits le rendirent célèbres, bien souvent par leurs cruautés, et nombreux furent les auteurs à rapporter les aventures de ce seigneur haut en couleurs le décrivant comme un des plus cruels et des plus méchants de son siècle.
Illustration imaginée
Thomas de COUCY blessé par le comte Raoul (illustration libre et non contractuelle)

Époux en premières noces d'Yde la fille aînée du comte Baudoin de HAINAUT premier du nom, il fut invité par ce dernier à participer à la croisade en Terre Sainte l'an 1096, accompagnés par Baudoin de RETEL, dit de BOURG, un cousin au troisième degré, qui devint roi de Jérusalem. De retour de la Terre Sainte, on dit qu'il se remaria incestueusement avec une parente à lui, dont on ne connaît pas le nom, qui lui apporta, entre autres lieux, le château de Montagu, une forteresse en pays de Laon, réputée pour être imprenable. La puissance et l'audace de Thomas de COUCY augmentèrent alors considérablement, le faisant craindre et haïr par toutes les personnes de cette contrée et notamment Enguerran de BOVES, son propre père. Ce dernier, qualifié de "Seigneur d'honneur et de respect", fort mécontent des activités de sa progéniture, s'employa à le chasser de ladite place.
S'étant entretenu et mis d'accord avec Ebles II, comte de Roucy, André de ROUCY, Hugues, dit le Blanc, seigneur de la Ferté, Robert de CAPY et autres amis et alliés, ils allèrent, l'an 1108, mettre le siège devant la forteresse de Thomas de COUCY qui, les voyant ainsi l'entreprendre, sortit la nuit de son château et alla demander du secours au futur roi Louis le Gros. C'est une cavalerie de sept cents hommes qui se présenta devant le château de Montagu où les assiégeant envoyèrent au devant du Prince une délégation afin qu'il ne leur causât plus de honte que de lever le siège, prétextant qu'en défendant un si méchant homme il ne perdit par la suite le service de plusieurs seigneurs. La résolution du futur roi était si forte et la crainte de commettre une quelconque félonie devant un futur roi si grande, les assaillants levèrent le siège et se soumirent à sa volonté. Thomas perdit toutefois peu de temps après le château de Montagu car il dut divorcer de sa femme à cause de consanguinité.

Le seigneur de Marle se remaria une troisième fois avec Milesende de CRÉCY, fille de Guy, qui lui apporta la terre et seigneurie de Crécy en Laonnois, s'emparant par là même des villages et châteaux du lieu ainsi que celui de Nogent en les fortifiant. De ces châteaux, Thomas commit nombre d'exactions et violences dans tout le pays, n'hésitant pas à s'attaquer aux gens d'église, aux marchands, aux pèlerins et à la population en général. Sa réputation fut telle que les gens de Laon qui, l'an 1112, avaient tué leur évêque Gualdric, l'appelèrent à l'aide afin de défendre la ville contre les armées du roi Louis le Gros qui, pensaient ils, viendrait rendre justice. Mais Thomas, devant pareille situation et s'attendant à ne pas pouvoir défendre la cité contre les armées royales, persuada les coupables de se réfugier avec lui dans ses châteaux. Voyant la ville ainsi abandonnée les paysans et villageois l'assaillirent et pillèrent sans résistance aucune les maisons les plus riches.
L'année suivante les gens d'Amiens obtinrent la permission du roi de créer une commune, ce qu'Enguerran, comte de la ville, voyant ses droits abolis, avec l'appui d'ADAM gardien de la tour d'Amiens, leva les armes contre les bourgeois qui invitèrent Thomas à les rejoindre, sachant la discorde qui régnait entre le père et le fils. De fait, Enguerran, qui eut vent de cette demande, parvint à se réconcilier avec son fils qui promit de l'aider à combattre le Vidame Guermond de PIQUENY qui tenait ladite place. Thomas s'empara des terres et villages de l'Église, soupçonnée de soutenir le vidame et les bourgeois, commettant de grands saccages et nombreuses cruautés, rançonnant ou assassinant ses prisonniers ; on dit qu'il en tua lui-même une trentaine au fil de son épée. La comtesse Sybille, belle-mère de Thomas, connaissant cette propension à guerroyer, en informa le vidame qui réussit à tendre une embuscade à Thomas, le blessant plusieurs fois et en particulier au genou en l'obligeant à ne plus pouvoir se battre et se réfugier en son château de Marle.

Le vidame et la femme du comte d'Enguerran résolurent de ruiner ADAM et son château en faisant appel à la puissance du roi qui y achemina une grande armée et mit le siège devant la ville qui tint deux ans avant d'être réduite. Pendant ce temps, Thomas, qui ne pouvait secourir ADAM, sachant que GAUTIER, archidiacre de Laon, fauteur de la rébellion des bourgeois d'Amiens, frère utérin de Sibylle, sa belle-mère, s'était rendu à Amiens pour s'entretenir avec cette dernière, le fit mettre à mort par Robert. Devant pareille cruauté, les archevêques et évêques assemblés à Beauvais excommunièrent Thomas qui fut aussi dégradé de l'Ordre de la Chevalerie, déposé de tous ses honneurs, réputé infâme et ennemi du monde chrétien. Les châteaux de Crécy et Nogent furent détruits par les troupes du roi qui punirent de nombreux supplices ceux qui s'y trouvaient. La tour d'Amiens, assiégée, contrainte de se rendre, fut également détruite. De son château de Marle, Thomas offrit une grande somme d'argent au roi et aux princes de la Cour, promettant de réparer tous les dommages qu'il avait causé aux ecclésiastiques, recouvrant ainsi la paix et la grâce ainsi que la communion de l'Église.

Son père décédé Thomas lui succéda à la tête des seigneuries de Coucy, de la Fere et de Boves, faisant œuvre de charité et de piété, dotant de nombreux biens l'abbaye de Prémontré tout en octroyant aux religieux de l'endroit tous ses droits. De cette époque, bien qu'allié à Baudouin, comte de Hainaut, il fut repoussé par Charles, le fils du roi du Danemark, qui y était parvenu. Peu de temps après, l'an 1126, Thomas se rangea au côté d'Henri, roi d'Angleterre qui réclamait la Flandre contre son neveu Guillaume de Normandie.
C'est à cette période que Thomas reprit ses exactions en attaquant plusieurs marchands porteurs du sauf-conduit du roi Louis. Ce dernier, fort marri de la chose, et après plusieurs conseils, dont celui de Raoul, comte de Vermandois, se présenta en 1130 devant le château de Coucy. Ayant cherché à attirer les assiégeants dans une embuscade, Thomas fut surpris par le comte Raoul lui-même qui le blessa mortellement et le présenta au roi Louis qui demanda qu'il soit conduit à Laon. Le lendemain le roi Louis se rendit à Laon où Thomas fit libérer les prisonniers marchands qu'il détenait avant de mourir.

D'après Histoire généalogique des maisons de Guines, d'Ardres, de Gand et de Coucy par André DU CHESNE TOURANGEAU

Wikipedia
Maquette du château de Coucy (Wikipedia - Burgenkunde .
Ci-dessous une vue dans le temps de Thomas de COUCY et de sa famille
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