François Lemaître assassiné
C'est à la neuvième génération de la généalogie Soirat que se situe le couple formé par Edme BONDOUX et Jeanne LEMAÎTRE, deux patronymes bien connus dans la région de Château-Chinon, dans le Morvan. Sur cette partie de la famille les LEMAÎTRE et les MICHOT sont les noms que l'on rencontre le plus souvent d'une branche à l'autre.
Un des arrières petits enfants de ce couple se nomme François Joseph, naquit à Saint-Léger-de-Fougeret, s'y maria deux fois, travailla toute sa vie journalier et petit propriétaire. Son acte de décès libellé le douze septembre 1920 attira toute mon attention :
Le douze septembre mil neuf cent vingt, quatorze heures, nous avons constaté le décès, paraissant remonter à deux jours, de François LEMAÎTRE, né à Saint-Léger-de-Fougeret le vingt-cinq août mil huit cent quarante huit, fils de Léonard LEMAÎTRE et de Jeanne MICHOT, décédés, veuf en premières noces de Marie MARTIN et en secondes noces de Jeanne LEMAÎTRE, journalier, domicilié au Pont de la commune de Saint-Léger-de-Fougeret.
Le corps a été trouvé au domicile du défunt.
Dressé le treize septembre mil neuf cent vingt, dix heures, sur la déclaration de Simon AUROUSSEAU, cinquante ans, épicier, et de Alexis MICHOT, trente-cinq ans, garde-champêtre, voisins du défunt, tous deux domiciliés aux Michots de la commune de Saint-Léger-de-Fougeret, qui, lecture faite, ont signé avec nous Jean MAGNIEN, maire de Saint-Léger-de-Fougeret.
Ma réflexion fut de m'étonner d'un acte dressé le treize septembre quand la constatation du décès est du douze, mais … "paraissant remonter à deux jours" m'interpella encore plus. Ni sa femme, ni ses voisins, parents, amis ne s'étaient aperçus de sa disparition ? Il y avait "anguille sous roche".
Je partis donc à la découverte des journaux d'époque et les réponses arrivèrent rapidement.
La Lanterne du 18 septembre 1920
Assassiné à coups de hache
Nevers, 17 septembre - A Saint-Léger-de-Fougeret, M. François LEMAITRE, âgé de 72 ans, cultivateur, a été trouvé assassiné dans son habitation, la tête fracassée à coups de hache ; ses économies n'ont pas été volées. On croit à une vengeance.
Le Nivernais du 19 septembre 1920
Saint-Léger-de-Fourgeret - Un crime
Au hameau des Michots, au lieu-dit "Le Pont-sous-Bois", habitait le nommé François Lemaître, cultivateur, âgé de 72 ans. Dimanche dernier, sa sœur ne le voyant pas vaquer à ses occupations habituelles, pénétra dans sa demeure et trouva son frère étendu, la tête fracassée à coups de hache. La mort avait été instantanée.
Le parquet de Château-Chinon prévenu immédiatement, se transporta sur les lieux du crime et procéda aux constatations d'usage? On ignore quel mobile a pu armer le bras de l'assassin, la victime ne possédant que de faibles économies qui furent, d'ailleurs, retrouvés dans son portefeuille.
La justice poursuit son enquête rapidement. On croit à une vengeance.
La Dépêche du Berry du 8 octobre 1920
SAINT-LÉGER-DE-FOUGERET. — Arrestation de l'assassin.
Depuis la découverte du cadavre de François Lemaître, cultivateur aux Michots, au lieu dit le Pont-sur-Bois, assommé dans sa maison, un inspecteur de la Brigade mobile d'Orléans enquêtait.
Les soupçons se portèrent rapidement sur la sœur de la victime, Mme Joséphine Lemaître, veuve Morlaix, âgée de 66 ans, habitant dans le voisinage. Cette dernière vivait en mésintelligence avec son frère depuis 20 ans. François Lemaître avait même cédé son petit avoir en viager pour déshériter sa sœur.
Habilement cuisinée, la veuve Morlaix finit par avouer qu'elle avait tué son frère d'un coup de hache, à la suite d'une prétendue querelle. Elle a été mise en état d'arrestation et transportée à la maison d'arrêt de Château-Chinon.
Le Nivernais du 10 octobre 1920
CHÂTEAU-CHINON
LE CRIME de St-Léger-de-Fougeret
ARRESTATION DE L'ASSASSIN
Depuis la découverte du cadavre de François Lemaître, cultivateur aux Michots, au lieu dit le Pont-sur-Bois, assommé dans sa maison dans les circonstances que nous avons relatées dans un précédent numéro, le Parquet de Château-Chinon n'était pas resté inactif, et tout le zèle de nos fins limiers fut employé à la découverte de l'assassin. Un inspecteur de la Brigade mobile d'Orléans fut mandé d'urgence pour seconder les efforts de nos braves gendarmes. Durant les recherches de cet agent, une somme de 800 francs environ fut retrouvée dans un vieux poêle appartenant à la victime.
Lemaître avait donc quelques économies qui ne devaient pas être ignorées de la famille.
Les soupçons se portèrent rapidement sur la sœur de la victime, Mme Joséphine Lemaître, veuve Morlaix, âgée de 66 ans, habitant dans le voisinage. Cette dernière vivait en mésintelligence avec son frère depuis 20 ans. François Lemaître avait même cédé son petit avoir en viager pour déshériter sa sœur ; pour une raison quelconque l'acte fut annulé, a-t-elle voulu le supprimer, de façon à saisir le butin immédiatement ? c'est ce que l'enquête nous apprendra. Toujours est-il que dimanche dernier, deux gendarmes de Château-Chinon, MM. Seguin, brigadier, et Maillet, furent envoyés en reconnaissance à seule fin d'éclaircir les soupçons. La tâche était délicate, car ils avaient à faire à forte partie. La vieille a la tête dure, comme le Roc-du-Morvan, sournoise arriérée, impossible de lui faire avouer son crime odieux.
Habilement cuisinée, sans brusquerie, elle finit par avouer qu'elle avait tué son frère d'un coup de hache, à la suite d'une prétendue querelle. Saisis de cette déclaration et sur mandat de M. le Procureur de la République, la femme Morlaix fut mise en état d'arrestation et transférée à la maison d'arrêt de Château-Chinon.
L'affaire et les comptes-rendus s'en tinrent là car Joséphine LEMAÎTRE, veuve de Jean MORLET, mourut à l'hôpital de Château-Chinon le jeudi dix mars 1921, vraisemblablement transférée depuis la Maison d'Arrêt, sans avoir été jugée.
Ainsi, de mobile certain nous n'en trouvons pas et, peut-être, dans la famille ou les dossiers de la Justice nivernaise, existent certaines preuves qui conforteraient une dispute familiale sur fond de partage ou de suspicion quelconque comme il en existe dans toute les familles sans que l'on puisse dire, des dizaines d'années plus tard, ce dont il s'agit exactement.
François LEMAÎTRE et sa soeur Joséphine se situent en tant que descendants d'Edme BONDOUX qui est à la génération 9 de la généalogie SOIRAT :
- LEMAITRE François (1848-1920) - LEMAÎTRE Joséphine (1853-1921)
enfants de LEMAITRE Léonard (1820-1866)
fils de BONDOUX Louise (1796-1863)
fille de BONDOUX Edme (1763-1797)
Vue dans le temps de la vie de François LEMAÎTRE