Famille FIALIP décimée en 14-18

Nombreuses furent les familles à voir leurs enfants mourir sur les champs de bataille de la Première Guerre Mondiale. Le monument aux morts d'Albussac en Corrèze en témoigne et j'ai pu y lire 69 noms.
Certaines de ces familles payèrent un tribut plus lourd ; ainsi aucun des garçons de Jean Baptiste FIALIP et Marie SYRIEIX, mariés le 1er mai 1878 à Neuville, ne survécut. Un de leur gendre périt également dans ce conflit qui emporta des millions de personnes.
Évoquons la mémoire de ces quatre garçons, défenseurs de leur patrie, Corréziens morts loin de leur famille et de leur domicile dans des combats parfois bien inutiles.
Illustration imaginée
Léon est allé chercher un de ses camarades blessé ... (illustration libre et non contractuelle)

Auguste FIALIP
Soldat de la classe 1899 affecté aux services auxiliaires car pieds plats et faiblesse générale.
C'est un jeune homme aux cheveux et sourcils blonds, yeux bleus, front découvert, nez et bouche moyens, menton rond et visage ovale, légère cicatrice du côté droit du front, 1,63m, qui possède une instruction primaire plus développée.
Auguste ne sera mobilisé que le 16 mars 1915, passera au 109e puis au 90e Régiment d'Infanterie Coloniale.
Le 31 mars, tout le régiment cantonne à Pargny-lez-Reims et deux jours plus tard relève le 3e régiment de tirailleurs dans le secteur du fort de la Pompelle.
Le 4 avril l'ennemi attaque à la Ferme d'Alger et l'artillerie et les mitrailleuses parviennent à le repousser. Une opération qui côute la vie à un soldat, fait 9 blessés et 6 disparus.
Le 11 avril l'artillerie française exécute un fort bombardement sur les lignes allemandes pendant que les soldats dans les tranchées de la première ligne harcèle l'ennemi au fusil, à la grenade, à la mitrailleuse. Mais au cours de la journée les allemands se mettent à bombarder les tranchées et le fort de la Pompelle qu'ils veulent à tout prix conquérir. Un grand nombre d'obus tombent sur le fort, percent les plafonds, tuent et blessent les hommes qui s'y trouvaient. On relèvera 39 morts et 29 blessés.
Auguste est décèdé au cours de cette journée. Son registre matricule porte l'indication :
Tué à l'ennemi le 11 avril 1917 au fort de Pompelle. Citation : "Soldat courageux et dévoué qui a toujours fait vaillamment son devoir. A trouvé une mort glorieuse le 11 avril 1917 à la Pompelle au cours du bombardement." Croix de guerre avec étoile de bronze.
♦♦♦ Nommé FIALIP ou PHIALIP, Auguste, cultivateur, s'était marié avec Marie Louise Pétronille Marthe BOURDET le 29 avril 1906 à Neuville en Corrèze. Cinq enfants sont nés de cette union : Marie Louise née en 1907, Marie née en 1909, Albert Louis né en 1910, Marguerite Noélie Yvonne née en 1912 et Hortense Gabrielle née en 1914.

Louis Barthelémy Joseph LEYMARIE
Soldat de la classe 1901, il sera caporal le 1er octobre 1903 et sergent le 28 novembre 1904.
Son signalement le désigne ainsi : cheveux et sourcils châtain clair, yeux gris-bleu, front bombé, nez fort, bouche moyenne, menton rond, visage ovale, 1,68m et possèdant une instruction primaire plus développée.
Il sera mobilisé et incorporé au 294e Régiment d'Infanterie le 1er octobre 1914.
En octobre 1915 le 294e est en Champagne, où les ravages des offensives de la fin septembre ont décimé nombre de combattants, au nord de Souain. Le 8 octobre, à 14h30, une offensive est lancée contre les lignes allemandes qui vont opposer une dure résistance par un feu nourri et violent de mitrailleuses ainsi que des assauts de colonnes allemandes armées de grenades. Le 294e paie un lourd tribut, la 18e compagnie est anéantie ou faite prisonnière. Le 9 octobre, à 6h le régiment est ramené dans les bois où il bivouaque. Le bilan de cette journée fait état de 29 tués, 195 blessés et 348 disparus parmi les hommes de troupe.
Louis Barthelémy Joseph sergent au 294e RI, comme les centaines de soldats tués ou disparus, ne répondra pas à l’appel. Il sera déclaré Mort Pour la France, tué des suites de ses blessures à la tranchée des Satyres, butte de Souain, le 8 octobre 1915.
♦♦♦ Louis Barthélémy Joseph LEYMARIE, facteur des Postes à Paris, s'était marié avec Maria FIALIP, la fille légitime de Jean-Baptiste FIALIP et de Marie SIRIEIX. Le couple aura un enfant : Auguste Henri né en 1909.


Léon PHIALIP
Soldat de la classe 1903, c'est un garçon aux cheveux, sourcils et yeux châtain, front ordinaire, nez et bouche moyens, menton rond, visage ovale, 1,69 qui possède une instruction primaire plus développée.
Rappelé par l’ordre de mobilisation générale du 1er août 1914, Léon est incorporé au 300e d’infanterie qui rejoindra la 48e brigade. Léon sera remarqué et cité à l’ordre de la brigade le 5 octobre 1915 « Après l’assaut auquel il a participé courageusement, est allé chercher un de ses camarades blessé entre les deux lignes et l’a ramené dans les tranchées françaises en plein jour. ». Soldat de 2ème classe de la 18e compagnie, le 6 janvier 1916, au Labyrinthe, il est blessé et le 28 mars suivant sera promu caporal. Après un an en tant que service intérieur blessé, il rejoindra le 17 novembre 1917 le 22e régiment d’infanterie coloniale.
Un mois avant l’armistice, le 19 octobre 1918, Léon mourra, tué à l’ennemi, devant le moulin d’Herpy dans les Ardennes solidement défendu par les troupes allemandes.
Extrait du Journal de Marche et Opérations :
« À l’heure H (10h) le bataillon Petitjean (3/22) progresse, enlève les éléments avancés devant le moulin, fait des prisonniers, prend 10 mitrailleuses lourdes, mais trouve intacts les réseaux devant le Moulin et est arrêté par le feu violent et nourri des mitrailleuses. Derrière lui les autres bataillons s’étant mis en marche, ne peuvent progresser, le 1er objectif n’étant pas atteint ; échelonné sur les pentes est de la côte 134 et au pied de cette côte, ils subissent des pertes du fait de la réaction d’artillerie ennemi qui est particulièrement violente.
À 15 et 16h de nouveaux efforts sur le Moulin étant restés sans résultat la réaction ennemie devient de plus en plus violente et les pertes, surtout en cadre s’aggravent
[…] »
L’analyse précise : « […] Il est venu s’y ajouter cette circonstance aggravante, que le régiment de gauche n’attaquant pas à la même heure que lui, et même n’ayant pas attaqué, le 22e RIC s’est trouvé seul en flèche, en but à toutes les réactions que l’ennemi pouvait produire du Nord de l’Est et de l’Ouest. […] »
♦♦♦ Dit tailleur de pierres en 1911, on ne lui connaît ni femme ni enfant.

Léon PHIALIP dit Noël Soldat de la classe 1905, ajourné en 1906, il est décrit ainsi : cheveux et sourcils châtain foncé, yeux gris-bleu, front ordinaire, nez et bouche moyen, menton à fossette, visage rond, 1,71m, possèdant une instruction primaire plus développée.
Après avoir fait une période d’exercice dans le 7e Régiment d'Infanterie du 25 mai au 10 juin 1914 il est appelé à l’activité par le décret de mobilisation générale du 1er août.
C’est entre le 1er et le 5 août que le régiment mobilisera ses troupes à Cahors avant de s’embarquer en train au milieu de la liesse populaire pour un long voyage vers la frontière belge. Le 20 août le régiment arrive à Herbeumont, au loin le canon tonne, les Allemands sont proches. Le baptême du feu arrivera rapidement.
Le 20 décembre la tête du régiment quitte Wargemoulin où il était arrivé trois jours auparavant en provenance d’Argonne après s’être rassemblé seulement à 8h30 en raison d’un terrain détrempé et inondé par endroit. Une violente canonnade s’entend côté français. En fin d’après-midi le régiment rentre à Wargemoulin.
Léon décéde ce jour-là sur le champ de bataille aux Hurlus.
♦♦♦ Léon, maçon, se marie à Albussac le samedi 11 février 1911 avec Léonie Maria GRAFFOUILLERE. Le couple aura un enfant : Marie Louise Augustine née en 1912.

Image Soirat
À l'intérieur d'un fort ...
Jean-Baptiste Cultivateur FIALIP ° 16 jan 1833 Albussac † 15 fév 1900 Albussac x 1er mai 1878 Neuville Marie Cultivatrice SIRIEIX ° 8 juin 1851 Neuville † 18 mars 1904 Albussac Auguste Cultivateur FIALIP ° 18 fév 1879 Albussac † 11 avr 1917 Sillery x 29 avr 1906 Neuville Marie Louise Pétronille … Cultivatrice BOURDET ° < 1888 Maria FIALIP ° 20 mars 1880 Albussac x 20 août 1908 Albussac Louis Barthélémy Joseph Facteur LEYMARIE ° 28 mars 1881 Saint-Chamant † 8 oct 1915 Souain-Perthes-lès-Hurlus Hortense Catherine FIALIP ° 8 déc 1881 Albussac † 24 mars 1970 Albussac x 22 fév 1908 Albussac Paul GRENAILLE ° 1er déc 1881 Albussac Léon Tailleur de pierres FIALIP ° 27 juil 1883 Albussac † 19 oct 1918 Gomont Léon Maçon PHIALIP ° 17 avr 1885 Albussac † 20 déc 1914 Souain-Perthes-lès-Hurlus x 11 fév 1911 Albussac Léonie Maria Cultivatrice GRAFFOUILLERE ° 25 déc 1891 Albussac Rémy FIALIP ° 7 juil 1887 Albussac † 30 juin 1889 Albignac Marie FIALIP ° 28 avr 1889 Albussac † 31 mai 1963 Versailles x 26 août 1910 Albussac Antoine Germain Employé FRAYSSINGE ° 17 juin 1884 Saint-Chamant † 31 déc 1925 Versailles Louise FIALIP ° 29 avr 1892 Albussac † 6 juil 1892 Albussac Marie Louise FIALIP ° 14 nov 1907 Albussac † 3 juin 1908 Albussac Marie FIALIP ° 17 mai 1909 Albussac x 29 oct 1931 Albussac Marius François Antonin HOSPITAL ° < 1911 Albert Louis FIALIP ° 16 déc 1910 Albussac † 22 août 1977 Tulle x 27 avr 1935 Albussac Marie Louise CHASTRUSSE ° < 1915 Marguerite Noélie Yvon … FIALIP ° 13 fév 1912 Albussac x 27 oct 1932 Albussac Paul Félix Marcel LAURENSOU ° < 1912 Hortense Gabrielle FIALIP ° 8 fév 1914 Albussac x 26 avr 1951 Paris Jean Clément FIALIP ° < 1920 Auguste Henri LEYMARIE ° 15 août 1909 † 31 août 1998 Nantes Marie Louise Augustine PHIALIP ° 1er jan 1912 Albignac x 4 oct 1932 Albussac Jean Baptiste Louis LAPLEAU ° < 1914
Marie BOURDET est fille de Gabriel Noël BOURDET, officier de santé, ce dernier se situant à la génération 7 de ma généalogie. Marie épousa le 7 février 1828 le sieur Jean FIALIP qui lui donna 9 enfants relevés dont Jean Baptiste, père des enfants évoqués ici même.